Archive pour août 2016

Lors de la séance du 29 janvier, il a été convenu de rechercher le concours d’intervenants extérieurs venant dialoguer avec les Jeunes sur des thèmes d’actualité comme cela avait été le cas antérieurement avec le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles.

Pour renouer avec cette pratique, le Conseil des Jeunes a pris contact avec la Maison des Addictions, dont nous accueillions le 20 mai 2 représentantes : Amélie FIRMIN, chargée de prévention, et Stéphanie DECOSTER, diététicienne et chargée de prévention.

addict b

Faire de la prévention, c’est expliquer entre autres ce que c’est qu’une addiction, ce qu’en sont les risques, et c’est aussi présenter la maison des addictions. En quoi peut-on être concerné par l’addiction ? Pourquoi une maison des addictions ?

Des permanences sont tenues à Deauville tous les lundis.

Pourquoi êtes-vous venus ce soir ?

« Pour savoir plus de choses »

« Les addictions touchent beaucoup de personnes avec la cigarette et c’est mortel. Mon père est infirmier en cardiologie à Cricquebeuf et en voit les ravages. »

En quelles classes êtes-vous ?

5ème, 6ème et CM2

Pour vous, c’est quoi une addiction ?

« La dépendance »

« Une obsession »

« Une habitude »

« Être accro »

Etre « accro », c’est être accroché à quelque chose et ne pas réussir à s’en libérer. A quoi peut-on être « accro » ?

« À la nourriture ; il y a des gens qui mangent dès qu’ils sont stressés »

« À l’alcool »

addict alcool

« À la cigarette ».

Quel que soit l’objet, c’est le comportement qui renseigne sur le fait qu’il y ait addiction ou non.

Anorexie et boulimie sont plus des troubles du comportement alimentaire que des addictions. Le sucre est assimilé à une récompense par le cerveau, mais il n’est pas forcément addictif.

 addict troubles alimentaires

Qu’est-ce qu’il peut y avoir d’autres ?

« Les jeux vidéo. Il y en a qui ne pensent qu’à ça, qui se jettent dessus dès qu’ils peuvent, et sinon ils ont des tremblements, des sueurs froides et des énervements quand ils ne peuvent pas. »

addict jeux vidéos

Avez-vous des passe-temps ?

« Le dessin »

« La lecture et embêter ma sœur »

« Pas tout le temps le même ; en ce moment c’est le tennis. En tous cas, je ne m’ennuie pas. »

Les téléphones portables appartiennent à la grande famille des écrans, qui comprend les réseaux sociaux, les accès internet, les jeux en lignes, les tablettes, les consoles portables, tout ce qui est numérique. L’addiction était moins fréquente pour la télévision, par contre les téléphones portables…

« 70 % de l’utilisation consiste à jouer, pas à téléphoner. »

Dans les autres usages du téléphone, se trouvent les réseaux sociaux (Facebook, Instagram…) particulièrement addictifs.

Parmi les jeunes présent, 1 a un téléphone, 1 autre a un téléphone sans internet, la troisième n’a pas de téléphone.

Le téléphone est un outil, il est donc utile. Après la question est de savoir si on arrive encore à s’en passer ou pas.

Autre addiction possible : les achats. Il s’agit de personnes qui, dès qu’elles sortent, doivent acheter. Ou bien elles ne sortent pas et les achats sont faits sur internet. Ce sont des achats compulsifs. Quelles en sont les conséquences ?

« Devenir pauvre », « L’endettement, les crédits »

« Il y a aussi la beauté de soi-même. Dans un couple, le mari veut qu’elle soit hyper belle et dépense tout en esthétique. »

Ce n’est pas vraiment une addiction en tant que tel.

Il y a donc :

  • Des addictions liées à des produits : alcool, drogue, tabac
  • Des addictions comportementales : écrans, achats, habitudes alimentaires, jeux d’argent

Etes-vous accros à l’école ?

« Non » unanime et collectif !

Par contre, il peut y avoir des addictions au travail. Et là, le regard des autres y est positif alors que la souffrance est identique : rentrer à 23h à la maison en ramenant du travail, pas de vacances…

Certains sports (courses, marathon…) peuvent développer des addictions, qui finissent par générer des blessures.

Pourquoi un jeune aurait envie de fumer ?

« Pour faire comme tout le monde »

« Pour ne pas se sentir seul »

Le tabac a bénéficié de publicité pour mieux vendre ce produit. C’est à présent interdit mais on observe son retour avec la cigarette électronique, et là il n’y a pas encore de loi vraiment établie.

« La cigarette électronique est-elle nocive ? »

C’est moins nocif que la cigarette « normale », dans la mesure où il n’y a pas de tabagisme passif. Mais il reste de la nicotine dedans.

Il y a une incertitude sur la qualité des produits utilisés.

Là où on y gagne, c’est que la nicotine se fixe dans le cerveau et crée le besoin.

La combustion produit une fumée qui est nocive car 4.000 substances se dégagent lors de la combustion, dont de l’arsenic, du dissolvant, du monoxyde de carbone (comme dans les chaudières – le monoxyde prend la place de l’oxygène dans le corps et c’est l’origine des essoufflements)

« Le chewing-gum à la nicotine est-il moins dangereux que la cigarette ? »

Oui, il n’y a pas de nocivité sur ces produits-là. »

Fumer jeune a un impact sur la construction du cerveau.

Avez-vous eu des interventions sur les addictions à l’école ?

« Non »

« Un peu en SVT ; on a vu l’impact des substances addictives »

 addict tabac

 

Puis est visionné le film Nuggets d’Andreas Hykade,

 logo film addiction

accessible à ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=HUngLgGRJpo

Les réactions sont les suivantes :

« Au début, il se demande ce que c’est, il y goûte, se sent mieux et en veut de plus en plus souvent, mais après il a de plus en plus de mal à avancer »

« Au début, on ne sait pas ce que c’est, on dit non, et après on dit oui, et après ça fait du bien au cerveau mais le corps dit non »

Si on décompose les séquences du film :

1ère étape :     1ère rencontre, c’est non

2ème étape :    observation de l’objet inconnu, et finalement test : les effets secondaires sont « planants », on oublie un peu tout

3ème étape :    plus d’hésitation pour revivre l’expérience qui fait planer, mais l’atterrissage est plus difficile après

« Les effets durent moins longtemps »

4ème étape :    grosse chute avec impact sur sa propre image

5ème étape :    l’effet dure bien moins longtemps. Le corps a changé et le contexte devient gris puis noir

« Il devrait se faire soigner »

 Quand on ne va pas bien, on teste ces produits en pensant que ça va aider, mais ça n’aide en rien et apporte des problèmes supplémentaires :

  • De santé,
  • Et sociaux (« ne plus penser qu’à ça et plus aux autres », « se renfermer », « s’isoler », « perdre ses amis »)

L’addiction peut également amener à des moins bons résultats scolaires. Par exemple, le cannabis diminue les capacités à apprendre de nouvelles choses.

« Ça ressemble à quoi du cannabis ? »

« C’est une plante. »

Ce sont des fleurs séchées et associées à du tabac pour être fumées.

addict cannabis

« Certains Etats autorisent la consommation de drogues. »

Les législations sont en effet différentes selon les pays. En France, la vente aux mineurs de tabac et d’alcool est interdite.

Quelles seraient les raisons de s’arrêter ?

  • On a peur pour soi
  • On doit beaucoup d’argent

La maison des addictions propose une équipe pluridisciplinaire avec un médecin, pour accompagner au mieux les personnes.

Après les soins, l’arrêt doit être définitif, sinon le cerveau rouvre une porte à l’addiction.

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La séance est levée à 19h, tous les parents étant présents pour récupérer les Conseillers Jeunes.